LA TACTIQUE

EN HOCKEY SUBAQUATIQUE:

Organisation statique, organisation dynamique, pédagogie (notions).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lionel DUMEAUX

Formation EF1

Octobre 2000


SOMMAIRE

 

INTRODUCTION                                                                                            

 

Définition                                                                                                     p 3

Place dans la pyramide de la performance                                                        p 3

Tendances depuis 1980                                                                            p 3

Aspects connexes non traités                                                                      p 3

Objectif                                                                                                        p 4

 

1.    L'ORGANISATION STATIQUE                                                  

 

1.1      Les schémas de base                                                                     p 5

1.1.1          Les organisations sur trois lignes                                                     p 5

1.1.2          Les organisations sur quatre lignes                                                 p 5

1.2      Les organisations actuelles                                                               p 5

1.2.1          L'organisation sur quatre lignes (2X1X2X1)                                      p 6

1.2.2          L'organisation sur trois lignes (3X2X1)                                           p 6

1.2.3          L'organisation sur deux lignes (3X3)                                              p 6

1.3      La "tactique" de l'équipe de France                                                    p 6

 

2.           L'ORGANISATION DYNAMIQUE

 

2.1      Les différentes zones de l'aire de jeu                                                     p 7

2.1.1          Le découpage latéral                                                                      p 7

2.1.2          Le découpage longitudinal                                                                 p 7

2.1.3          Les zones                                                                                     p 7

2.2      Jeu arrêté, jeu de mouvement                                                             p 8

2.2.1          Jeu arrêté                                                                                    p 8

2.2.2          Jeu de mouvement                                                                     p 8

 

3.    LA PEDAGOGIE

 

3.1      Le contexte pédagogique                                                                  p 10

3.1.1      Le couple engagements/règles du jeu                                            p 10

3.1.2          Le couple joueurs/entraîneurs                                                         p 10

3.2      Pédagogie passive (Organisation statique)                                           p 11

3.2.1      Le tableau noir                                                                            p 11

3.2.2          La vidéo                                                                                    p 11

3.3      Pédagogie active (Organisation dynamique)                                         p 12

3.3.1          Hors de l'eau                                                                                   p 12

3.3.2      Dans l'eau                                                                                    p 13

 

CONCLUSION

 

Des bases solides                                                                                           p 14

Des objectifs pertinents                                                                                    p 14

Le style français                                                                                         p 14

L'esprit d'équipe                                                                                        p 14

 

INTRODUCTION

 

 

En France, on a longtemps considéré la "tactique" comme l'aspect le plus important  du jeu. Pour les Australiens au contraire, la tactique est secondaire. L'essentiel se situe au niveau des joueurs (physique, technique, initiatives,…) et de l'esprit d'équipe (cf. annexe 1).

 

Définition

 

La tactique c'est l'ensemble des moyens que l'on emploie pour parvenir à un résultat. C'est aussi l'art de conduire un combat (Robert).

 

Place dans la pyramide de la performance

 

Dans la pyramide de la performance, la tactique occupe une place qui peut faire illusion (proche du sommet). Pourtant, il ne peut y avoir de tactique sans physique, sans technique et sans tactique individuelle (cf. annexe 2).

 

La "tactique individuelle" c'est savoir ce qu'on va faire avec le palet en fonction de la configuration du jeu (fixation, une deux, écran, diversion, temporisation, passage en force avec raffut, progression sur geste technique, débordement,…). 

 

L'esprit d'équipe, c'est l'esprit de corps, le sentiment d'appartenance à un groupe. Il repose sur la concurrence et le travail en commun. Il se construit au fil des insuccès et des succès. Cela se manifeste par la capacité des joueurs à être collectivement efficaces en toutes circonstances de jeu (cf. interviews de Daniel COSTANTINI & Pierre VILLEPREUX en annexe 3).

 

Tendances depuis 1980

 

1980-1990: hétérogénéité

 

Les équipes cherchent la bonne formule et expérimentent des schémas de jeu très différents (ex: 2X2X2 Hollande en 1980, 1X2X1X1X1 Canada en 1986, 1X2X2X1 Australie 1988, France 1X3X2 en 1988).

 

1990-2000: uniformisation

 

Le schéma australien (3X2X1), calqué sur le basket, démontre son efficacité (5 titres chez les hommes) et fait de plus en plus d'adeptes. Toutefois, l'organisation de l'équipe peut être variable (se déformer) selon l'endroit du terrain où se trouve le jeu.

 

Aspects connexes non traités

   

La stratégie

 

La façon dont les grandes batailles ont été gagnées ou perdues est instructive. Il faut retenir qu'il existe une "prime" à la mobilité (en bon ordre), qu'une armée expérimentée est plus forte qu'une armée de novices (même supérieure en nombre), et que le sort des armes favorise souvent celui qui prend des initiatives (calculées). L'ordre et l'expérience sont au moins aussi importants que le nombre et le matériel.

 

Il faut surtout s'inspirer de la façon dont certains coachs d'autres sports collectifs approchent la compétition (ex: Daniel COSTANTINI, Aimé JAQUET, Bernard LAPORTE, Jean-Pierre de VINCENZI,…)

 

    Le jeu

 

Les remplacements

 

Le système adopté pour les remplacements dépend de la philosophie générale de l'équipe (offensive ou défensive, concentration de l'effort sur une aile ou au milieu du terrain,…) et du niveau physique individuel des joueurs (homogène ou non, très physique ou non,…).

 

L'infériorité numérique

 

L'organisation retenue dépend du niveau de l'adversaire, du score, de la situation de jeu au moment de la faute (zone d'attaque ou de défense), et de la fraîcheur physique des joueurs (laisser les joueurs les plus expérimentés ou les plus frais).

 

Les temps morts

 

Le choix de demander (ou non) un temps mort dépend de la fraîcheur physique générale de l'équipe (temps de repos) et de la situation de jeu (rupture de rythme pour l'autre équipe).

 

Le penalty

 

Comme toutes les phases de jeu, le penalty se travaille. Il faut distinguer le tireur et le receveur. Ils doivent chercher à faire bouger le défenseur. Le défenseur n'est pas forcément l'arrière, mais plutôt le joueur le plus vif ou celui qui capte le mieux tous les types de tirs.

   

L'anti-jeu

 

Faire des fautes volontairement en prenant garde de ne pas se faire prendre fait partie intégrante de la tactique de certaines équipes. Les Hollandais par exemple repèrent les joueurs adverses les plus sensibles à l'anti-jeu et multiplient les fautes intensionnelles sur ces joueurs afin de les faire "craquer" (le joueur impulsif finit par commettre une faute en rétorsion, sans faire attention aux arbitres, ce qui entraîne son expulsion temporaire).

 

L'anti-jeu fait donc partie du jeu. Il faut faire des fautes en dehors du champ de vision des arbitres (ex: sous la mêlée dans les trois mètres, sur des joueurs en surface,…), difficiles à détecter (ex: sortir un masque, retenir un joueur par la palme,…), et de préférence sur des joueurs qui ont du mal à garder leur sang froid (c'est à dire qui vont se rebiffer de façon incontrôlée et que les arbitres vont sanctionner). 

 

    Les joueurs

 

Il existe des profils types par poste (joueurs "énergétiques" devant, expérimentés derrière), mais il faut également tenir compte de la complémentarité par ligne et des goûts des joueurs.

 

Un joueur peut être mis temporairement sur un poste qui n'est pas le sien pour combler un manque (tactique, physique, technique,…). 

 

Objectif

 

Il faut rechercher une organisation efficace qui tiennent compte du caractère et du niveau des joueurs, de la piscine et des adversaires.

 


1. L'ORGANISATION STATIQUE

 

 

Le premier problème pour un joueur, c'est de bien comprendre le poste qui lui est confié et de respecter sa position par rapport à ses partenaires en toutes circonstances.

 

 

1.1) Les schémas de base 

 

1.1.1) Les organisations sur trois lignes

 

2 avants/2 milieux/2 arrières (2X2X2)

 

Avantages: simple et sûr (trois lignes).  

 

Inconvénients: pas de "goal", pas de joueur sur l'axe médian du terrain (forte porosité du dispositif sur la ligne qui passe par le milieu des deux châssis de but). 

 

        1 avant/3 milieux/2 arrières (1X3X2)

 

Avantage: très défensif.

 

Inconvénients: pas de "goal", un avant de pointe trop seul ou inutile ("2ème" centre).

 

        2 avants/3 milieux/1 arrière (2X3X1)

 

Avantages: structure défensive; assez bon équilibre entre le centre (2 joueurs) et les ailes (2 joueurs).

 

Inconvénient: rôle critique du milieu centre (sert quatre joueurs).

 

1.1.2) Les organisations sur quatre lignes

 

        1 avant/2 ailiers/2 milieux/1 arrière (1X2X2X1)

 

Avantages: disposition équilibrée des joueurs entre les ailes (2 joueurs) et l'axe central (2 joueurs); 4 lignes de "défense"; structure qui permet de tenir les murs.

 

Inconvénients: "vide" entre les 2 ailiers et les 2 milieux, d'où rôle critique de l'arrière et difficulté à construire au centre du terrain (pousse l'équipe à jouer sur les ailes).

 

        1 avant/2 ailiers/1 milieu/2 arrières (1X2X1X2)

 

Avantages: disposition équilibrée des joueurs entre les ailes (2 joueurs) et l'axe central (2 joueurs); 4 lignes de défense; structure plutôt défensive.

 

Inconvénients: rôle des deux défenseurs ambigu; rôle critique du milieu (sorte de "libéro" à la fois défenseur et organisateur de l'attaque); difficulté pour construire au centre du terrain du fait de l'éloignement relatif du milieu (troisième ligne).

 

 

1.2) Les organisations actuelles 

 

1.2.1) L'organisation sur quatre lignes: 2 avants/1 centre/2 pivots/1 arrière (2X1X2X1)

 

GB, Afrique du Sud et Canada à Hobart.

 

Avantages: quadrillage du terrain (bonne occupation du terrain longitudinale et latérale); rôles des joueurs bien définis.

 

Inconvénients: quatre lignes ("émiettement" du dispositif); structure plutôt défensive.

 

1.2.2) L'organisation sur trois lignes: 3 avants/2 pivots/1 arrière (3X2X1)

 

Australie, France, USA et Nle Zélande à Hobart (cf. annexe 4).

 

Avantage: très offensif (ligne d'avants compacte).

 

Inconvénients: arrière très sollicité; trou relatif entre les avants et l'arrière.

 

1.2.3) L'organisation sur deux lignes: 3 avants/3 arrières (3X3)

 

Nle Zélande en 1998.

 

Avantages: très compact; bonne occupation latérale du terrain.

 

Inconvénients: deux lignes seulement (très risqué dans un bassin court); deux joueurs contre le mur seulement.

 

 

1.3) La "tactique" de l'équipe de France

 

C'est une structure à géométrie variable (cf. annexe 5).

 

Dans la zone des 6 mètres adverses: 3X2X1

 

Impact fort de la ligne d'avants, soutien des pivots, arrière en profondeur.

 

Dans la zone médiane (créative): 2X1X2X1

 

Ouverture des "triangles" (2X1X2) qui facilitent la récupération du palet ou la construction d'une attaque.

 

Dans la zone des 6 mètres de l'équipe: 3X3

 

Couverture large, responsabilités défensives individuelles claires, dispositif sur deux lignes ce qui évite que les joueurs se gênent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. L'ORGANISATION DYNAMIQUE

 

 

Une fois assimilée la structure générale de l'équipe et sa propre position, le joueur doit savoir se repérer sur le terrain et doit surtout "coller" à la dynamique du jeu.

 

 

2.1) Les différentes zones de l'aire de jeu

 

La responsabilité des joueurs est plus ou moins forte en fonction de la zone dans laquelle se situe le jeu (cf. annexe 5).

 

2.1.1) Le découpage latéral

 

La zone des 6 mètres adverses

 

C'est la "porte d'accès" aux trois mètres (approche du but). Il y a deux angles "morts" (fixation, construction). C'est aussi la 1ère ligne de défense (récupération).

 

La zone médiane dite "créative"

 

Il faut distinguer les murs (fixation), et le centre (lancement du jeu ou récupération du palet). C'est la deuxième ligne de défense (blocage).

 

La zone des 6 mètres de l'équipe

 

Il y a deux angles de sécurité, et une zone de danger (le centre). C'est la troisième ligne de défense (repousser).

 

En 1996 et encore en 1998, les Australiens ont essayé d'en faire une zone de lancement de jeu (fixation de l'équipe adverse, changement d'aile devant les buts, puis contre-attaque sur l'aile opposée). Au Mondial d'Hobart, seuls les Néo-zélandais ont continué dans cette voie (prise de risque maximum).

 

2.1.2) Le découpage longitudinal

 

Les murs

 

C'est le point de rencontre (fixation, progression en percussion ou débordement).

 

L'axe central

 

C'est la zone où s'articule (gauche/droite, avant/arrière) et où progresse le jeu (étapes). Beaucoup de remontées du terrain passent par le centre (zigzag).

 

2.1.3) Les zones

 

        Le rond central

 

C'est la zone d'élaboration du jeu (changement latéral, changement longitudinal, changement diagonal). C'est un peu la cornue de l'alchimiste: on n'est jamais certain de ce qui va en    sortir !

 

C'est la zone de l'avant-centre et des pivots (organisation de type "3x2x1").

 

        Le demi-cercle des six mètres

 

Il faut choisir entre défense de zone (handball) ou individuelle (water-polo).

 

Dans la zone, les pivots prennent les intervalles entre les ailiers et le centre pour défendre ou attaquer.

 

        Le demi-cercle des trois mètres

 

C'est la zone d'effort maximal de l'équipe en attaque ou en défense (5 à 6 joueurs au fond).

 

 

2.2) Jeu arrêté, jeu de mouvement

 

Tous les temps du jeu sont importants aujourd'hui. De plus, la durée des actions s'allonge. Par conséquent, le joueur doit rester concentré en permanence et doit coller au rythme de la partie.

 

    2.2.1) Le jeu arrêté

 

Etre présent et bien organisé sur les phases de jeu arrêté, c'est une marque de détermination "informelle" dans la guerre psychologique que se livrent les deux équipes (cf. annexe 6).

 

L'engagement

 

La France a encaissé un but sur le 1er engagement en finale du Mondial 1998 !

 

Il faut être offensif (avancer ou dégager sur l'aile ou vers les pivots) si on récupère, et défensif (bloquer impérativement et pousser sur l'aile toute progression adverse) si on n'est pas assez rapide (Basket).

 

Le coup franc

 

Un coup franc dans les six mètres est une occasion en or, l'équivalent du petit corner en hockey sur gazon, ou d'un coup franc à moins de 20 mètres en football.

 

Les avants (faire écran, récupérer, marquer,…) tout autant que les arrières (shooter, ressortir,…) ont un rôle à jouer. La France a marqué beaucoup de buts importants sur coup franc en phase finale des championnats du Monde 1998.

 

L'entre-deux

 

Il faut être offensif (avancer ou donner derrière) si on récupère, et défensif (bloquer la progression) si on n'est pas assez rapide (hockey sur glace).

 

    2.2.2) Le jeu de mouvement

 

        Récupération/perte du palet

 

Récupérer le palet est fondamental: tout le monde doit s'y mettre, surtout les avants (rugby).

 

Récupérer le palet est difficile: il faut donc éviter de le perdre (technique individuelle, physique).

 

 

        Progression en plusieurs temps

 

Il y a peu, en caricaturant à peine, les séquences de jeu types étaient :

 

la progression sur l'aile qui entraînait une faute (interruption du jeu),

 

ou le contre qui amenait un but (interruption du jeu).

 

La tendance la plus récente, c'est point de contact et deuxième, troisième, voire quatrième temps de jeu (rugby).

 

Cette évolution est due au renforcement des défenses qui rendent les débordements ou les contres assez rares (élévation du physique), et à l'amélioration de la technique individuelle qui tend à réduire le nombre de fautes commises (meilleure maîtrise des techniques de conservation et de récupération du palet).

 

Il faut donc apprendre aux joueurs à construire une attaque en plusieurs temps. Mais il faut également développer les combinaisons entre joueurs (tactique individuelle), le physique (vitesse de palmage), et les enchaînements de dribbles (technique) pour retrouver des solutions de jeu.


3. LA PEDAGOGIE

 

Il faut passer maintenant de la position d'observateur (photos ou vidéos) à celle d'acteur.

 

La pédagogie, c'est la méthode utilisée pour faire acquérir des connaissances ou une pratique (Robert). C'est l'art de faire passer un message (cf. annexe 7). La méthode retenue dépend du style du formateur, ainsi que du caractère, de l'age et du niveau des joueurs.

 

L'entraîneur doit se fixer des objectifs pertinents à moyen terme (ne pas en dévier), et disposer d'un réel savoir-faire (s'adapter aux modifications du groupe, changer les exercices pour ne pas lasser, faire simple même avec des joueurs expérimentés, …).

 

 

3.1) Le contexte pédagogique

 

A la base, il doit y avoir une "union sacrée" entraîneur(s)/joueurs sur les objectifs sportifs et la méthode de travail permettant de les atteindre.

 

    3.1.1) Le couple engagements/règles du jeu

 

Se fixer des objectifs sportifs inaccessibles (ex: viser le titre l'année où l'on monte de D2 en D1, jouer "technique" en un an alors que le passé sportif de l'équipe emprunte davantage au style "physique",…), bâtir un cadre d'entraînement déséquilibré (ex: privilégier le travail physique au détriment de la technique, investir sur la tactique alors que les joueurs présentent de grosses lacunes techniques,…), ou encore ignorer les ressorts psychologiques du fonctionnement d'une équipe (ex: nommer un capitaine rejeté par une majorité de joueurs, placer durablement un joueur à un poste qui ne lui convient pas, sélectionner un joueur qui ne le mérite pas,…) font partie des erreurs les plus courantes en matière d'entraînement.

 

Les objectifs sportifs, le style de jeu et le mode d'entraînement doivent être longuement discutés et doivent faire l'objet d'une réelle adhésion de la part des joueurs et des entraîneurs. C'est un processus long et complexe.

 

Dans ce cadre, joueurs et entraîneurs ont des engagements individuels qu'ils doivent respecter. L'engagement des joueurs, c'est de s'améliorer pour que l'équipe atteignent ses objectifs. L'engagement des entraîneurs, c'est d'être à l'écoute des joueurs et de suivre l'évolution de la discipline pour que l'équipe reste dans la course. Ceux qui n'adhérent ni à la méthode, ni aux objectifs, ne peuvent participer durablement à la vie du groupe. 

 

    3.1.2) Le couple joueurs/entraîneur(s)

 

Ce qui est déterminant dans une démarche pédagogique, c'est le niveau, le degré de maturité et l'équilibre existant entre les différentes personnalités composant le groupe de joueurs. Outre une bonne appréhension du contexte sportif (évolution des techniques d'entraînement, des autres équipes, des règles du jeu,…), les entraîneurs doivent avoir une connaissance précise de l'équipe (forces et faiblesses collectives, niveaux individuels, caractères,…) pour définir des objectifs atteignables et des méthodes de travail appropriées.

 

Il existe une règle simple: plus le niveau est élevé, le groupe important et les personnalités fortes, et plus la responsabilité donnée aux joueurs doit être grande. La responsabilité première d'un joueur, c'est de combler ses lacunes. Les plus anciens ont en outre un rôle moteur à jouer vis à vis du groupe (capitanat, animation d'atelier en stage, relais d'opinion vis-à-vis de l'encadrement,…). En contrepartie, le contrôle du respect des règles de fonctionnement du groupe exercé par les entraîneurs doit être fort (respect des engagements individuel, de la tactique, des règles de vie en commun qui concourent à l'édification de l'esprit d'équipe).

 

Deux entraîneurs valent mieux qu'un… surtout lorsqu'ils s'entendent bien. Pour s'appuyer sur une évaluation correcte du groupe, renouveler les méthodes d'entraînement et bien apprécier les progrès des concurrents, deux entraîneurs ne sont pas de trop. Ils doivent toutefois se coordonner étroitement car les joueurs (pour justifier le fait qu'ils ne respectent pas leurs engagements individuels) et la critique (pour mettre en évidence l'incompétence de l'encadrement) vont constamment chercher à faire apparaître des divergences (réelles ou inventées).

 

 

3.2) Pédagogie passive ("organisation statique")

 

La pédagogie "passive" répond au besoin premier d'organisation "statique" de l'équipe.

 

    3.2.1) Le tableau noir

 

Il faut utiliser le tableau en appui d'une démonstration (plutôt avec des débutants).

 

        Avantages

 

C'est le contexte maître/élèves qui met spontanément à l'écoute un public plutôt jeune (conditionnement). Il permet de sortir de la relation interpersonnelle et de conceptualiser (donne un caractère rationnel).

 

        Inconvénients

 

En règle générale, l'écoute attentive ne dépasse pas 20'. De plus, le tableau est une représentation réductrice du jeu. En effet, il n'y a que deux dimensions sur un plan, or le hockey se joue en trois dimensions.

 

Surtout, c'est une représentation "statique" (photo). Les joueurs doivent faire un effort d'imagination pour comprendre. L'élaboration mentale va s'appuyer sur les connaissances (incomplètes) et l'affect (qui déforme).

 

La compréhension du message est par conséquent très hétérogène, ce qui est à l'origine de comportement paradoxaux :

 

soit un conflit entre certains joueurs qui réagissent lors de la présentation et l'entraîneur (voire entre joueurs),

 

soit un profond ennui chez ceux qui ne veulent pas faire d'effort d'imagination.

 

    3.2.2) La vidéo

 

La vidéo est très utilisée dans les sports collectifs (sports pros aux USA notamment).

 

        Inconvénients

 

La vidéo n'est pas l'outil miracle.

 

Pour Daniel COSTANTINI, la vidéo a deux effets pervers:

 

elle sacralise l'équipe adverse que l'on étudie et génère une peur de l'adversaire,

et elle banalise les actions de sa propre équipe ce qui "empêche" de voir ses propres fautes (on cherche à se justifier plutôt qu'à comprendre).

       

Avantages

 

Le joueur n'a aucun effort d'imagination à faire, le message s'impose de lui-même (peu sujet à interprétation).

 

Pierre VILLEPREUX adhère au constat fait par Daniel COSTANTINI et pense qu'il faut aller vers de la vidéo en petits groupes pour éviter le phénomène de justification. De plus, il faut apporter une information percutante pour éviter le phénomène d'endormissement (la télé inhibe les facultés de réflexion et l'esprit critique).

 

Il faut donc faire des montages (ex: cassette gestes techniques) en focalisant sur un aspect particulier (tactique, technique, fautes,…) et un seul. 

 

 

3.3) Pédagogie active ("organisation dynamique")

 

C'est une approche indispensable pour le haut niveau car elle permet d'approcher au plus près la dynamique du jeu et d'impliquer véritablement les joueurs (de façon positive).

 

    3.3.1) Hors de l'eau

 

Il faut susciter un dialogue ciblé sur l'organisation en mouvement de l'équipe.

       

Travail individuel

 

Il ne faut pas hésiter à revenir avec un joueur sur un point tactique tout de suite après le match. Mais attention, il faut cibler son propos (problème tactique mis en lumière sur une action, deux au maximum).

 

Il ne faut pas hésiter à dire ce qui ne va pas ou à féliciter.

 

        Travail en sous-groupe

 

La discussion en sous-groupes (avants ou arrières, aile droite ou gauche,…) facilite l'expression individuelle ce qui :

 

fait émerger plus facilement les incompréhensions;

 

donne plus de "matériel" pour apporter des corrections ou des solutions de jeu nouvelles (création);

 

facilite la prise de conscience sur certaines exigences premières du jeu (respect des positions, respect des schémas de jeu, exigences techniques ou physiques,…). 

 

Il faut faire suivre et/ou accompagner la discussion d'une mise en situation en reproduisant les situations de jeu à problème (joueurs debouts en formation de match).

 

        Travail collectif

 

Il est important de demander aux joueurs de donner leurs impressions d'après match pour que tout le monde (y compris les remplaçants) soit au même niveau de compréhension sur ce qui à bien et moins bien fonctionné au plan tactique (situations de jeu vécues).

 

Il faut également travailler hors de l'eau en simulant des situations de jeu pour :

 

confronter les idées produites en sous-groupe au jugement des autres membres de l'équipe (avants/arrières, droite/gauche,…);

 

tenter de trouver collectivement des solutions à des problèmes de jeu complexes (cf. interview de Daniel COSTANTINI en annexe 3).

 

    3.3.2) Dans l'eau

 

Travail individuel

 

L'arrêt du jeu pour corriger un joueur est très efficace ("flagrant délit"). 

 

        Travail en sous-groupe

 

Pour familiariser avec le jeu de passes, il y a les exercices "passe à 10" ou "les boites" (avants).

 

Pour les changements d'ailes, "changement sprint" et "sortie de mur" sont utiles (arrières).

 

        Travail collectif

 

Les exercices élémentaires sont "figures géométriques" et surtout "6 vs. 6" (cf. "séance de travail type de l'équipe australienne hommes" en annexe 1).

 

Les matchs à thème "3 changements d'ailes/but" ou "passe à 6/but" sont également un bon moyen pour travailler la construction et le rythme. Attention, les matchs à thème sont difficiles à gérer (décompte complexe, tricherie).


CONCLUSION

 

 

La tactique est bien un cadre, souple et rigide à la fois, dans lequel les joueurs doivent pouvoir s'exprimer avec le meilleur profit pour l'équipe.

 

C'est aussi une dimension du fonctionnement de l'équipe dont le poids est difficile à quantifier. A cet égard, il est fréquent d'entendre qu'une équipe a perdu à cause d'erreurs tactiques, tandis qu'une victoire est rarement mise au crédit d'une supériorité dans ce secteur du jeu. 

 

Des bases solides

 

Prendre les bonnes orientations est déterminant pour le succès d'une équipe. Pour se faire, il faut disposer d'un maximum d'informations touchant à l'évolution de la discipline, des sports collectifs et des méthodes d'entraînement de façon générale.

 

Il faut ainsi collecter toutes les informations disponibles sur le jeu et les autres équipes (vidéos, Internet, …), et rechercher les analogies avec les autres sports collectifs (water-polo, handball, rugby, hockey sur glace,…) afin de disposer d'un corpus d'information le plus complet possible.

 

Des objectifs pertinents

 

En s'appuyant sur cette base, il faut se donner des objectifs pertinents (c.à.d. en adéquation avec le niveau réel de l'équipe) et du temps pour voir l'organisation choisie véritablement appliquée (cf. document en annexe 9).

 

A titre d'illustration, il a fallu 7 ans chez les hommes avant de décrocher une médaille aux championnats du Monde (changement de méthodes de travail fin 1991, titre mondial décroché en juin 1998).

 

Le style français

 

Il existe une spécificité du style français (technique et contacts) dont il faut tenir compte. Privilégier un    aspect au détriment d'un autre reviendrait à jouer avec un handicap au niveau international et à se priver des services d'une partie des postulants à l'équipe de France.

 

Il faut donc trouver un bon équilibre entre puissance et technique, et pour se faire, s'attacher à rendre techniques des joueurs plutôt physiques, et physiques ceux qui ne sont que techniques.

 

L'esprit d'équipe

 

Aucune formation ne peut gagner sans un esprit d'équipe fort. La construction de l'esprit d'équipe passe par l'acceptation des responsabilités individuelles ("tenir sa position") et collectives (adhérer au style de jeu choisi).

 

C'est le produit d'une histoire commune avec son lot de succès et d'insuccès. C'est un état de tension positive du groupe qui est d'autant plus difficile à atteindre que les objectifs sont élevés et les caractères bien trempés.

 

Lionel DUMEAUX[1]

Annexe 1

 

 

 

Les techniques d'entrainement en Australie

 

 

 

 

1.                  Séance de travail type de l'équipe australienne hommes (Perth, juillet 1995)

 

 

2.                  Résumé et synthèse des informations obtenues dans le cadre de discussions avec certains joueurs ou membres de l'encadrement de l'équipe d'Australie (Perth, juillet 1995)

 

 

 


Annexe 2

 

 

 

Les techniques d'entrainement au canada

 

 

 

 

1.                  Compte rendu des "conférences" données par certains joueurs du club de hockey subaquatique de Montréal (Montréal, novembre 1989)

 

 

2.                  Commentaires sur les structures de jeu à l'issue des Championnats du Monde 1990 (Montréal, mai 1990)

 

 


Annexe 3

 

 

 

La preparation a la haute compétition

 

 

 

 

1.                  Interviews de Dominique DELON (Paris, avril 1999) et Maït RIISMAN (Paris, mai 1995)

 

 

2.                  Interviews de Daniel COSTANTINI (Gentilly, juillet 1997 & Fontenay-Trésigny, mai 1999)

 

 

3.                  Interviews de Pierre VILLEPREUX (Paris, octobre 1997 & Clairefontaine, avril 1999)

 

 

4.                  Interview de Philippe GOURDIN (Chatenay Malabry, mars 1995)

 


Annexe 4

 

 

 

La "tactique" dans l'hemisphere sud

 

 

 

 

1.                  Informations disponibles sur le site web commun aux Universités australiennes LaTrobe & Monash (extraits, novembre 1998)

 

 

2.                  Informations disponibles sur le site web, section hockey, de la fédération néo-zélandaise de plongée (extraits, novembre 1998)

 


Annexe 5

 

 

 

La "tactique" dE l'equipe de france

 

 

 

 

1.                  Schémas tactiques

 

 

2.                  Zones de responsabilité par poste

 


Annexe 6