HISTOIRE DU HOCKEY SUBAQUATIQUE par Lionel DUMEAUX
Comme le rugby à la fin
du siècle dernier, "l'octopush" est une création anglaise du milieu
des années cinquante. Comme le rugby aujourd'hui, le hockey subaquatique est solidement
enraciné dans l'hémisphère Sud (Argentine, Australie, Nle Zélande & Afrique
du Sud) et dans l'hémisphère Nord (Angleterre & France notamment). Son
extension actuelle en Amérique du Sud, en Europe de l'Est et bientôt en Asie
doit beaucoup au caractère à la fois physique et technique qui fait son
intérêt, mais aussi à l'organisation biennale de championnats du Monde
respectant une rotation géographique entre les différentes aires de
pratique.
Le hockey subaquatique est né dans le Sud
de l'Angleterre, près de Portsmouth, en août 1954. Le William Webb ELLIS
(créateur du rugby) du hockey subaquatique s'appelle Alan BLAKE. Le jeu qu'il
invente au cours d'une soirée avec d'autres membres du "Southsea n°9
branch of the British Sub-Aqua Club" est baptisé "octopush"
(barbarisme associant l'image sous-marine des huit tentacules de la pieuvre au
fait qu'une équipe était composée de six joueurs armés de "pushers"
et de deux remplaçants). Le premier match se déroule le 12 septembre et le
premier "tournoi" est organisé en novembre 1954 entre Brighton et
Portsmouth. Le jeu fait l'objet d'une présentation dans le journal
"Neptune" en novembre 1954. Le premier championnat anglais a été
remporté par "Southsea" à Portsmouth en 1968.
La discipline a été
"réinventée" aux Etats-Unis, en 1960, dans la région de Chicago. Le
jeu créé par un certain Bill NEIL reposait sur l'utilisation de crosses de
hockey sur glace raccourcies, tenues à deux mains, contrairement au jeu anglais
qui utilisait des crosses spécifiques, plus courtes et tenues d'une seule main.
L'utilisation de bouteilles de plongée constituait une autre différence majeure
par rapport au jeu anglais. Ce dernier s'est d’ailleurs progressivement imposé
aux Etats-Unis dans les années soixante-dix sous l'influence du Canada. Un
plongeur de West Palm Beach y a également contribué, puisqu'il a implanté
"l'octopush" en Floride après avoir découvert ce sport lors d'un
séjour en Angleterre au début des années soixante-dix. Le premier championnat
national US date de 1976.
Des chasseurs sous-marins de Durban en
mal d’entraînement hivernal ont commencé à jouer au hockey subaquatique en
1962, après avoir lu un article publié en octobre 1961 dans la revue américaine
"Skindiver magazine" décrivant le jeu de Bill NEIL. Aucun équipement
de plongée n'était bien sur autorisé pour des pratiquants à la recherche d'une
activité physique intensive. Deux ans plus tard, ils organisaient le premier
Championnat national sud-africain dans le style de jeu américain. Situés dans
la zone d’influence sud-africaine, le Zimbabwe et la Namibie se sont mis au
hockey subaquatique à la fin des années soixante-dix 1974 en Rhodésie). L'Afrique du Sud est membre fondateur avec
l'Angleterre de la commission des jeux de la CMAS (1977).
L'histoire du hockey au Canada commence
officiellement en 1962 à Vancouver, bien que la discipline ait été probablement
pratiquée avant cette date à l'occasion de démonstrations effectuées par des
touristes anglais. Un instructeur de plongée australien, Norm LIEBECK, a
profité d'un séjour dans cette ville pour enseigner le hockey aux sociétaires
du "Vanaquatics Scuba Club" de Vancouver. C'est à partir de cette
souche que le hockey utilisant la crosse courte s'est développé progressivement
vers le Canada de l'Est et a supplanté la discipline de Bill NEIL dans le
Nord-Ouest des USA. Le premier championnat canadien a été organisé en 1975.
L'Australie pratique également le hockey
subaquatique depuis le tout début des années soixante. La discipline a été
importée par des immigrants anglais et s'est développée à partir de 63/64,
principalement dans le Sud-Ouest du Continent. Le premier Championnat national
australien s'est déroulé en 1965 dans le style anglais.
Ø
Les adeptes de la première
heure
C'est au printemps 1968, à Montauban, que
l'on a joué au hockey subaquatique pour la première fois en France. Sous
l'impulsion de Roger CHATELAIN, les plongeurs et chasseurs du "Groupe
d'Activités Sous-Marines" de Montauban se sont mis à pratiquer un jeu
ressemblant beaucoup à la discipline lancée à Chicago en 1960 et reprise à
Durban peu après. En 1973, sans avoir connaissance de ce qui se faisait à
Montauban, Roger RENAUD a également démarré une activité hockey au sein du
"Club Sous-Marin du Nord" à Lille. L'initiative lui est venue après
avoir assisté à une compétition en Hollande où des clubs anglais et hollandais
s’affrontaient dans la forme de jeu anglaise. Les premiers championnats de
France à Reims en mars 1982 marquent le véritable début de la discipline dans
notre pays.
Le hockey subaquatique s'est implanté en
Hollande en 1971, après que le club des "Barracudas" de La Haye ait
pris part à une compétition en Angleterre. Le premier championnat de Hollande a
été organisé en 1973. Le jeu d'Alan BLAKE a supplanté le rugby sous-marin qui a
connu un début de pratique au Pays-Bas en 1972. La Belgique a suivi le
mouvement en intégrant quelques équipes dans le championnat hollandais peu de
temps après (77/78).
En Nouvelle-Zélande,
les toutes premières traces de pratique remontent au début de 1963, mais le
hockey ne s'est véritablement développé qu'à partir d'avril 1974. C'est en
effet à l'occasion d'un séjour de deux mois à Auckland qu'un sud-africain,
Marshall Mac DONALD, a enseigné le hockey tel qu'il était pratiqué dans son
pays. Le premier championnat des clubs néo-zélandais a été organisé au début de
1978 sur la base du règlement sud-africain. La visite des australiens lors du
championnat national en mars 1980, suivie de la première rencontre officielle
entre Néo-zélandais et Australiens à Brisbane en décembre 1980, ont fait
basculer les kiwis dans le camps de "l'octopush". La crosse
"courte" a été définitivement adoptée comme "style officiel"
à l'occasion du championnat des clubs en mars 1981. Grâce à l'effort effectué
dans le secteur scolaire, la Nle Zélande est le pays qui compte le plus de
pratiquants aujourd'hui (2000 joueurs environ).
Le hockey a
débuté aux Philippines en 1979 grâce à Bubut KEY. Après avoir lu un article
présentant ce sport dans un magazine diffusé par la CMAS, elle s'est procurée
les règles existantes et a démarré une activité hockey. L'ancrage véritable de
ce sport aux Philippines date de 1984 avec l'organisation de séances
d'entraînement régulières dans une piscine située à Quezon city, près de
Manille. Le premier club ("Philippines underwater hockey club") a été
créé en 1990. La présence aux championnats du Monde en 1998 après trois
participations au "Pacific Coast Championships" (la première à
Vancouver en 1995), a été vécue comme une victoire par les Philippins compte
tenu des difficultés économiques que connaît leur pays. La création d'un second
club à Bacolod en 1997 devrait permettre à terme l'organisation d'un
championnat national.
En Argentine,
Fernando ARBIZU lance le hockey en 1981 après avoir lu un article dans
"Skindiver magazine". Après une période de présentation dans
différents clubs du pays, le hockey argentin connaît un véritable démarrage en
1988 avec la refondation de la Fédération Argentine d'Activités Subaquatiques
et l'organisation de la première compétition impliquant plusieurs clubs. Il
s'accélère à partir de 1992 avec le séjour de Paul MAKINSON (un Français
licencié au club du Chesnay) qui apporte aux Argentins l'ouverture sur les
standards internationaux (palets, crosses, technique,…). La première
participation aux championnats du Monde en 1996 installe définitivement
l'Argentine parmi les nations les plus actives, d'autant qu'une association
dissidente ("AHSA") développe également le hockey dans ce pays depuis
1996 de façon parallèle à la FAAS.
Les Colombiens ont commencé à jouer au hockey subaquatique à Cali en 1984 sur l'initiative du Pt de la fédération colombienne. Curieusement, ce sont les féminines qui ont permis à la Colombie de faire ses premiers pas internationaux en 1990 à Montréal, puis en 1992 à Wellington. Les hommes ont fini par les accompagner aux championnats du Monde de 1994 en France. Exclusivement engagés dans les compétitions de rugby sous-marin jusqu'alors, un préjugé voulait que le hockey subaquatique soit un sport de filles… Les joutes dans le bassin rugueux de Grand-Couronne les ont probablement convaincus du contraire !
Bozana
OSTOJIC, responsable du club de plongée "URS" de Belgrade, secrétaire
de la fédération yougoslave et membre du Comité technique de la CMAS, découvre
le hockey subaquatique lors d'un voyage au Cap en octobre 1993. L'activité
balbutie au sein son club en 1994 (premier match en janvier 1994) puis se
structure à partir de 1995/1996. En 1996, Bozana officialise l'activité auprès
de la fédération yougoslave et obtient les règlements officiels ainsi que
toutes les informations concernant l'Euro 1997 à l'occasion de réunions à la CMAS
où elle rencontre Daniel BOURGINE. L'équipe de Yougoslavie effectue sa première
sortie internationale en Slovénie début 1997 (c'est à cette occasion que les
Yougoslaves adoptent la crosse "courte") avant de participer aux
championnats d'Europe de Reims (mai 1997). Bozana quitte "URS" et
crée un nouveau club "Calypso" en 1997. Le premier championnat
national s'est déroulé en mars 1998 entre 5 équipes issues de trois clubs
("URS", "Calypso" et "KPA" de Belgrade). Bozana
est actuellement en contact avec la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie et la
Grèce.
Un français,
Laurent ALQUIER, a démarré une activité hockey au sein du "Club immersion
biologica" en février 1995 à Barcelone. La fédération espagnole de plongée
a reconnu cette activité en tant que commission autonome très rapidement
(premier semestre 1995). Formé au GASM de Montauban, il a effectué de
nombreuses démonstrations qui ont donné naissance à plusieurs clubs (Vitoria,
Madrid, Palma,…). L'équipe d'Espagne a fait ses premiers pas internationaux à Reims
en mai 1997. Le premier championnat national open réunissant 4 équipes
espagnoles (Barcelone, Canaries, Vitoria et Valence), 2 équipes françaises et 1
belge a été organisé en décembre 2000 à Barcelone. Le titre est revenu à
Barcelone 1 qui a profité des conseils de Jason LORD en vacance en Espagne
juste avant le championnat. A noter enfin qu'une joueuse de Barcelone a
effectué deux démonstrations au Portugal en 1999.
La Slovénie a également démarré le hockey subaquatique en février 1995. Après un entraînement, en janvier, un ami nageur avec palme montra à Rudi BRADJIC l'annuaire CMAS sur lequel figurait l'Euro de hockey à Amersfoort. Le projet d'une participation est lancé avec un groupe de plongeurs du "Norik-sub" de Ljubljana. Les règles CMAS et une invitation sont envoyées par Rob SHIPPER. Cette invitation est relayée par des nageurs avec palme hollandais à l'occasion d'une compétition en Slovénie. En août 1995, durant deux semaines, deux français (Anne-Claire LAGARDE et Thomas de TREBONS) ont aidé Rudi BRADJIC à présenter ce jeu dans plusieurs villes du pays. L'activité a été reconnue officiellement en avril 1996. La première compétition entre clubs slovènes pour le titre national a été organisée en octobre 1996.
Un échange
universitaire a permis à Roland SCHMIER de découvrir le hockey à Lyon en
1995/1996. L'idée d'une démonstration en Allemagne a été évoquée par Véronique
FAY avec le responsable du comité sportif allemand rencontré au congrès CMAS, à
Chypre, en avril 96. Véronique se rend à Darmstadt en septembre 1996 pour
effectuer cette démonstration. Mais il a fallu que Laurence SARRE effectue un
séjour de 10 mois en 1996/1997 en Allemagne, pour lancer une activité à
Giessen. Les joueurs de cette ville emmenés par Roland SCHMIER ont participé à
l'Euro organisé à Reims en 1997, puis au Mondial de San José en 1998.
L'activité, reconnue officiellement par la fédération allemande début 1998,
connaît un développement difficile dans un pays qui compte 250 clubs de rugby
sous-marin.
Une délégation de la CNHS a présenté le hockey en décembre 1995 à Bologne, au cours d'une démonstration organisée sur l'initiative d'Achille FERRERO, Pt du comité sportif de la CMAS à l'époque. Quelques matchs sont organisés au cours de l'été 1996, mais il faut attendre la fin 1997 pour qu'une activité régulière démarre au sein du club "Assetto Variabile-USIP" de Bologne. La fédération italienne a reconnu officiellement le hockey subaquatique en décembre 1997 en rattachant cette nouvelle activité à la nage avec palmes. Une néo-zélandaise (Electra KALAUGHER) vivant en Italie a aidé les Italiens à se structurer au printemps 1998 et les a accompagnés à San José en juin 1998 pour leur première sortie internationale. La venue d'Arnold PICCOLI en juillet 1998, Thomas de TREBONS et Jason LORD durant l'été 1999, leur a également donné des bases techniques solides. Le premier championnat des clubs italiens a été organisé en mars 2000 et a réuni 13 équipes.
Les frères BUKI et Thomas de TREBONS effectuent deux démonstrations à Budapest (Amphora Buvar Club) et à Pécs (club de natation) au cours d'un week-end en septembre 1995. En 1996, un groupe de plongeurs ayant entendu parler de cette démonstration commencent à jouer avec un palet (30 cm de diamètre et 1 kg) et des buts (un mètre de long) de petites dimensions au sein de "l'Amphora Buvar Club". Avec l'implication de Gabor NYUL (formé à Toulouse en 1993) et de Gabriel NAGY à partir de septembre 1998, l'activité adopte les règles internationales et devient régulière. Elle est reconnue officiellement par la fédération hongroise fin 1998. Après un premier déplacement à Paris début 99, les Hongrois participent aux championnats d'Europe pour la première fois à Kranj. Le premier championnat national auquel participaient également des équipes italienne, slovène et yougoslaves s'est déroulé en novembre 2000 à Pécs (2 équipes de "Egyszusz" Budapest et 1 de "Pyrania" Pécs).
Des plongeurs et chasseurs sous-marins de
Kichinev ont commencé à jouer au "hockey" (une boule et des bouts de
bois pour la pousser !) au cours de l'été 1999. Valentin STACHEVSKI (Pt du
comité sportif de la CMAS) effectue une visite en Moldavie en fin d'année 1999
et encourage ces "hockeyeurs" à participer aux championnats du Monde
2000. Après avoir obtenu des informations sur le jeu et la compétition par
l'intermédiaire d'Internet, une délégation moldave a effectivement participé
aux championnats du Monde d'Hobart. Il convient de signaler également l'accueil
en Bretagne sur l'initiative de Yannick MORIN d'un représentant de la
fédération russe en avril 1999 (Dimitri KONSTANTINOVICH) qui a permis
d'apprendre que les Russes jouent également au hockey, mais avec des règles
spécifiques.
La Turquie a
fait ses premiers pas internationaux au Mondial d'Hobart en juin 2000. Engagée
dans le rugby sous-marin depuis le début des années quatre-vingt (15 clubs
pratiquants), une première participation à l'Euro de rugby en 1996 les a déçus.
Le Pt de la fédération des sports sous-marins, du sauvetage en mer, du ski
nautique et de la nage avec palmes (!) affiliée au Comité Olympique Turc a
réussi à obtenir un budget et a permis à une équipe turque de participer à
cette compétition en Australie. C'est grâce aux informations sur le jeu glanées
sur le web que l'activité a démarré à la fin de 1999.
L'extension
actuelle de la pratique du hockey subaquatique déborde donc largement en dehors
du monde anglo-saxon dont il est issu. Ainsi, outre les habitués qui
participent régulièrement aux championnats du Monde (Afrique du Sud, Argentine,
Australie, Canada, Colombie, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Hollande, Nle Zélande
et France), une vingtaine d'autres pays connaissent le hockey subaquatique à
des niveaux de pratique assez divers (ex: Allemagne, Andorre, Autriche,
Belgique, Brésil, Chili, Cuba, Croatie, Danemark, Ecosse, Egypte, Hongrie,
Irlande, Israël, Italie, Japon, Namibie, Philippines, Russie, Slovénie, Suisse,
Turquie, Yougoslavie, Zimbabwe, ...).
Trente ans ont
été nécessaires pour trancher entre les tenants de la crosse
"longue", conduits par l'Afrique du Sud, et ceux qui, réunis derrière
la Grande-Bretagne, ont voulu faire du hockey subaquatique une discipline
réellement originale. C'est en effet après les championnats du Monde de Chicago,
en 1984, que les Sud-africains se sont ralliés au jeu d'Alan BLAKE. Venus en
observateurs aux Etats-Unis pour cause d'apartheid, ils étaient les derniers à
utiliser les crosses "longues". Il est vrai que la partie était
perdue depuis les premiers championnats du Monde de Vancouver en 1980, suivis
par ceux de Brisbane en 1982, tous deux organisés sur la base d'un texte
réglementant le jeu anglais. Le règlement officiel C.M.A.S publié dans la
foulée du Mondial de Chicago est venu consacrer définitivement cet usage.
Il convient de
souligner ici l'importance de cette "victoire" du style anglais pour
le développement de la technique individuelle, ainsi que pour l'agrément du
jeu. En effet, le maniement de la crosse "longue" (environ 60 cm)
était beaucoup moins aisé que celui de la crosse "courte" (30 cm),
d'autant que les deux mains du joueur devaient rester constamment en contact
avec le manche de la crosse. Surtout, la crosse "courte" a permis la
réalisation de tirs puissants qui sont à la base du développement d'un jeu
collectif aéré et rapide.
De la
"préhistoire" du hockey subaquatique - c'est à dire de la période
60/70 - il reste peu de choses, qu'il s'agisse des tactiques utilisées à
l'époque ou de l'apparition des premiers gestes techniques. Ce que l'on sait
toutefois, c'est que lors de la première grande confrontation internationale en
1980, le jeu était "primitif" (peu de passes, beaucoup de
contacts...). Depuis, le niveau technique des équipes a connu une progression
continue, qui s'est accélérée au début des années quatre-vingt-dix.
Le
développement de la dimension technique doit beaucoup à l'organisation depuis
1980 de championnats du Monde biennaux. En effet, la fréquence élevée
d'organisation de cette compétition majeure donne une dynamique à la
discipline, et pousse toutes les nations pratiquantes à rivaliser d'ingéniosité
et d'entraînement pour tenter de conquérir le titre suprême. Mais il doit aussi
énormément à une génération de joueurs d'exception "produits" par le
C.A.M.O. de Montréal.
Il est
nécessaire de s'appesantir ici sur l'apport immense des québécois en ce qui
concerne l'éclosion du hockey subaquatique moderne. Les prémices de cette
"révolution" dans le domaine de la technique individuelle étaient
perceptibles dès 1984, la plupart des observateurs s'amusant des exercices
techniques effectués par les joueurs sur le bord du bassin avant chaque match.
Deux ans plus tard, ces mêmes joueurs étaient sacrés champions du monde,
résultat obtenu aux dépens des Australiens, chez eux !
Ce qui fit la
supériorité des Canadiens en 1986, ce n'est certainement pas la tactique on ne
peut moins collective (1 avant x 2 ailiers x 1 pivot avant x 1 pivot arrière x
1 goal !), ni la puissance physique (les Québécois sont plutôt de petits
gabarits), mais c'est bien l'incroyable technique individuelle de ces joueurs.
Cette victoire, et le séjour de l'un de ces virtuoses en 1986/1987 en Australie
(Daniel TETREAULT), ont d'ailleurs convaincu les perdants de 1986 de travailler
davantage
dans le domaine de la technique individuelle. Cela leur a permis de rétablir
leur suprématie lors des cinq éditions suivantes du Mondial ! De façon plus générale,
toutes les nations pratiquantes ont suivi ce mouvement et ont fortement investi
dans cette dimension du jeu depuis 1986.
Les maîtres de
la spécialité sont les Australiens, champions du Monde à de multiples reprises
tant chez les hommes que chez les femmes et encore récemment à Hobart. Leur jeu
est l'archétype du hockey subaquatique moderne: technique mais sans fioriture,
physique mais sans débordement rugbystique, il conjugue parfaitement spectacle
et efficacité.
Toutefois,
cette suprématie est aujourd'hui fortement contestée. L'équipe féminine d'Afrique
du Sud a décroché trois titres mondiaux en 1992, 1996 et 1998. La France a créé
la surprise lors du Mondial de San José en s'adjugeant le titre chez les
garçons et a confirmé en poussant les Australiens en mort subite lors de la
finale des championnats du Monde à Hobart.
Lionel DUMEAUX,
décembre
2000.
lionel_dumeaux@hotmail.com
Afrique du Sud :
Allemagne :
Argentine :
Australie :
Canada :
Colombie :
Espagne :
France :
Roger CHATELAIN et Roger RENAUD
Grande-Bretagne :
Alan BLAKE et Cliff UNDERWOOD
Hollande :
Hongrie :
Gabriel NAGY, Gabor NYUL et les frères
BUKI
Italie :
Leone TAROZZI
Nouvelle Zélande :
Murray BROOKS et Dave PARORE
Philippines :
Slovenie :
Rudi BRAJDIC, Dick TRAP et Thomas
de TREBONS
Turquie :
Egge BATTAL et Kadir CETINLER
USA :
Yougoslavie :
Par ailleurs, toute information nouvelle concernant les pays cités, ou d'autres pour lesquels aucune information n'a encore pu être obtenue, sont à me transmettre