10.       Compte rendu des championnats d’Europe du 1er au 8 juin 2003

 

Les joueurs sont arrivés à San Marin le 30 mai à 17H00 et sont rentrés à Paris le 8 juin à 23H00. La compétition s'est déroulée du lundi 2 au samedi 7 juin à la piscine ‘’Multieventi Sport Domus’’ de la République de San Marin.

 

Pour cette ‘’première’’ (première organisation d’une compétition officielle CMAS dans la péninsule), les Italiens avaient mis à disposition des compétiteurs un bassin de classe internationale disposant de deux aires de jeu. Un ponton où évoluaient les arbitres séparait les deux terrains en surface tandis que des bastaings en bois de 60cm de haut environ faisaient office de ligne de touche au fond (terrain hommes). La surface de jeu, comme à Belgrade il y a deux ans, était d’excellente qualité (fond plat, très bonne glisse, profondeur 1,8m). On regrettera toutefois la profondeur un peu faible, l’aire de jeu délimitée dans la largeur du bassin comme trop souvent à l’Euro (ce qui limite la longueur à 20m, 21mx15m en l’occurrence) ainsi que les remplacements derrière les buts et non sur le côté.

 

Le capitaine (A LAGABBE) et le vice-capitaine (T de TREBONS) ont été désignés par l'entraîneur le lendemain de l’arrivée lors de la réunion d’information sur le tournoi organisée par le coach garçons, juste avant la ‘’cérémonie de remise des bonnets’’. Initiative de J BRECHAIRE empruntée au rugby, cette ‘’cérémonie’’ qui réunissait comme à Calgary un an plus tôt toute la délégation a de nouveau été très appréciée (elle permet de ‘’briser la glace’’ entre les membres du groupe et de marquer de façon solennelle le démarrage de la compétition) bien que, faute de place, elle ait du être organisée dans le hall d’entrée de l’hôtel.

 

10.1.            La journée d'entraînement

 

L’accès au bassin étant impossible le jour précédent le début du tournoi, - ce qui est anormal pour une compétition de ce niveau (les organisateurs ont utilisé cette journée pour préparer les terrains) -, les joueurs se sont contentés d’une séance physique assez longue (20’ de footing suivi de 2H00 de rugby à toucher sur un terrain proche de la piscine) le matin, avant de participer aux différentes réunions (équipe hommes, délégation puis capitaines) et à la cérémonie d’ouverture l’après midi.

 

10.2.            Le tournoi

 

Malgré une défaite contre la Hollande (2 à 3), l'équipe de France hommes termine première du round robin grâce à un moindre nombre de buts encaissés (Hollande, Grande-Bretagne et France étaient ex aequo à l’issue du premier tour). Elle effectue un bien meilleur play off en dominant successivement la Hongrie en quart (11 à 0), la Yougoslavie en demi-finale (6 à 0) puis la Hollande en finale (5 à 1) pour reprendre un titre qui lui avait échappé depuis 1999.

 

Cette nouvelle couronne (la troisième après Amersfoort 95 et Reims 97) confirme la hiérarchie européenne établie après le Mondial de Calgary. Elle a été acquise face à une opposition qui se reconstruit (la Hollande a perdu 6 joueurs depuis Calgary) ou qui se cherche (les Anglais privilégient toujours le style au détriment du résultat malgré l’intégration d’un sud-africain dans leur rang). Les Hollandais sont venus avec une équipe fortement renouvelée depuis Calgary au sein de laquelle les anciens (Robert-Jan SCHIPPER et Jolyon Van DAALEN notamment) ont ‘’tenu la baraque’’. Les Bataves se sont bonifiés tout au long du tournoi, mais ils n’ont pas réussi cette fois à commettre le ‘’hold-up’’ dont ils sont coutumiers en finale. C’est un groupe qui sera très compétitif l’an prochain. Les Anglais ont fait illusion dans le round robin (en battant les Hollandais et en accrochant les Français) mais ils ont eu toutes les peines du monde, après avoir perdu le match d’accession à la finale contre les Hollandais, à monter sur la troisième marche du podium face à de surprenants Yougoslaves. Très affectés après leur échec en demi-finale (surtout les jeunes joueurs - de qualité - qui ont intégré le ‘’squad’’ cette année), ils pourraient peut-être faire évoluer leur ‘’philosophie’’ de jeu pour Christchurch… à condition toutefois qu’ils changent de coach (‘’The old man’’ a fait son temps). Avec le retour au sommet des Français, l’autre information importante de ce championnat est la confirmation de la compétitivité des Italiens et surtout des Yougoslaves qui dans des styles très différents (à la hollandaise pour les Yougoslaves et à l’australienne pour les Italiens) vont représenter en 2005 une menace sérieuse. Les Slovènes sont également très proches des cinq équipes de tête, en privilégiant comme les Yougoslaves le jeu le long des murs et le retour en coin mort pour lancer des contre-attaques, mais avec un niveau physique inférieur à celui des ‘’Slaves du Sud’’. Ils ont toutefois moins progressé que les Italiens et les Yougoslaves depuis 2001. Derrière, il y a une marche : les Espagnols sont toujours aussi brouillons dans leur approche de la compétition et du jeu, les Turcs s’aguerrissent (ou se dispersent) puisqu’ils ont enchaîné l’Euro de hockey juste après le Mondial de rugby sous-marin et les Hongrois privilégient encore le ‘’fun’’ malgré le coaching de Stéphane SANDOR. Avec une équipe mixte (5 femmes sur 12 joueurs), la prestation des Allemands ne peut pas être valablement jugée.

 

De nouveau assez fortement renouvelée depuis Calgary (4 nouveaux joueurs dont deux revenants, T de TREBONS et P BARRO), l'équipe de France a réussi à monter en puissance durant le championnat ou plus exactement à corriger ses erreurs du round robin (réduire le nombre de fautes, tenir les murs et ne pas s’enferrer dans le coin mort adverse) pour montrer son vrai visage en play-off. Il est vrai aussi que la faible profondeur a nivelé les valeurs au début du tournoi alors que la fatigue aidant, des espaces se sont ouverts en play-off. La défense a été un point fort de l’équipe durant le round robin (ce qui permet aux Français de terminer premiers du round robin à la faveur du moindre nombre de buts encaissés) tandis que l’attaque a souffert la comparaison - comme souvent - vis à vis des Bataves surtout (80 buts marqués contre 95 aux Hollandais et 84 pour les Anglais). Le nombre de fautes individuelles sanctionnées a également constitué un point négatif, d’autant que depuis Calgary cela coûte souvent deux minutes de prison (la ‘’cagnotte’’ du coach a fructifié durant cet Euro). Cela fait malheureusement partie du ‘’style’’ français (cf. comptes rendus des saisons précédentes). En play-off, l'équipe de France a renoué avec les ‘’fondamentaux’’ (tenir les murs, fixer avant de changer d’aile et ne pas jouer dans le coin mort adverse), a retrouvé son organisation (jeu de mouvement dans le bon timing grâce au replacement) et a commis moins de fautes pour dominer nettement toutes les formations qui lui étaient opposées. En finale, les Hollandais n’ont pas réussi cette fois à hausser leur niveau de jeu suffisamment pour contrer des Français qui ont ‘’sorti une super finale’’ (dixit T de TREBONS). Après un début de rencontre presque équilibré (égalisation des Hollandais 1 à 1 au 3/4 de la première période), les Français se sont échappés au score inexorablement (3 à 1 en fin de première mi-temps, 5 à 1 au final). En fin de match, même avec un joueur exclu et quelques cafouillages dans les remplacements, les Hollandais ont été incapables de marquer. ‘’On a fait du beau jeu : on a tenu le long du mur et on a ouvert quand il fallait ’’ résume le capitaine, Arnaud LAGABBE.

 

Le niveau général de ce tournoi est encore assez éloigné de celui de la poule A du Mondial, mais on a constaté, comme à Belgrade, un resserrement des valeurs dans le haut du tableau (nombre de buts marqués par les six premiers du round robin : 386 en 2003, 345 en 2001, 448 en 1999 et 526 en 1997). La faible profondeur, la qualité médiocre du palet qui a en outre été ‘’découvert’’ en arrivant en Italie (il était différent de celui envoyé aux équipes avant la compétition) et le style ‘’hollandais’’ bien représenté parmi les équipes de tête ont donné une coloration plutôt physique à cet Europa 2003. D’autant que les arbitres ont de fait encouragé cette tendance en sanctionnant plus volontiers les formations dites fortes en début de tournoi. Etait-ce un service à rendre aux équipes qui débutent et qui commettent aussi beaucoup de fautes ? A noter que l’arbitrage de la finale a été une nouvelle fois très approximatif ce qui a empêché les Français de marquer au moins deux buts supplémentaires… ‘’Cela fait malheureusement partie du folklore des championnats d’Europe’’ écrivais-je il y a deux ans. On en est resté au même point. A noter enfin la blessure de A ROCHA (coup aux cotes) qui l’a empêché de participer aux play-off et celle de G HUGET (choc à l’oreille) qui l’a obligé à quitter le match de round robin contre l’Allemagne 5’ après le début de la rencontre.

 

En conclusion, la France a décroché une très belle médaille d’or à San Marin (avec la manière, peut-être même mieux qu’à Reims) après les échecs enregistrés en 1999 et 2001 qui doit beaucoup au coaching de J BRECHAIRE. L’accompagnateur, Jean-Marie CARDONNER, a rempli également parfaitement son rôle de ‘’logisticien terrain’’ auprès du groupe. Ce résultat ne doit cependant pas faire illusion dans la perspective de Christchurch compte tenu du niveau de l’opposition à San Marin ainsi que du travail globalement insuffisant effectué par les joueurs cette année. On jugera véritablement les Français l’an prochain en Nle Zélande.

 

10.3 Les résultats

 

                        10.3.1 Round robin

 

Equipes

Points

Matchs

gagnés

Matchs

perdus

Egalités

Buts marqués

Buts encaissés

Différence

de buts

France

16

8

1

0

80

-5

75

Angleterre

16

8

1

0

84

-5

79

Hollande

16

8

1

0

95

-12

83

Yougoslavie

12

6

3

0

59

-17

42

Italie

10

5

4

0

33

-23

10

Slovénie

7

3

5

1

35

-30

5

Espagne

5

2

6

1

18

-62

-44

Hongrie

5

2

6

1

20

-74

-54

Turquie

3

1

7

1

6

-74

-68

Allemagne

0

0

9

0

2

-130

-128

 

                        10.3.2 Play off

 

¼ de finales

 

 

 

 

 

 

 

1 contre 8

France

11

Hongrie

0

 

 

4 contre 5

Yougoslavie

2

Italie

1

 

 

2 contre 7

Angleterre

6

Espagne

1

 

 

3 contre 6

Hollande

8

Slovénie

0

 

½ de finales

 

 

 

 

 

 

 

 

France

6

Yougoslavie

0

 

 

 

Angleterre

0

Hollande

2

 

 

 

Italie

8

Hongrie

1

 

 

 

Espagne

0

Slovénie

5

 

Finales

 

 

 

 

 

 

 

1/2

France

5

Hollande

1

 

 

3/4

Yougoslavie

3

Angleterre

4

 

 

5/6

Slovénie

2

Italie

3

 

 

7/8

Espagne

1

Hongrie

5

 

 

                        10.3.3 Classement final

 

1er                   France

2ème                Hollande

3ème                Grande Bretagne

4ème                Yougoslavie

5ème                Italie

6ème                Slovénie

7ème                Hongrie

8ème                Espagne

9ème                Turquie

10ème  Allemagne

           

10.4 Les à-côté

 

Avec 10 nations participantes, l’Euro 2003 dépasse le record établi à Reims en 1999 (9) et de nouveau atteint à Belgrade en 2001 (9). Le retour apprécié des Allemands avec une équipe mixte (le développement du hockey dans un pays qui a inventé le rugby sous-marin est difficile) a en effet ajouté une formation au tournoi hommes comparativement à 2001. C’est très encourageant d’autant que la participation des ‘’Barbarians’’ (comme à Belgrade) ou de l’Ecosse (comme à Reims) ont été refusées. Cette édition 2003 des championnats d’Europe se voulait particulièrement respectueuse des règles CMAS dans le pays qui héberge le siège de cette noble institution. Pour autant, ce tournoi n’enregistre pas encore un nombre suffisant de pays participants pour justifier l’obtention du statut de sportifs de haut niveau. Et les Belges n’ont envoyé qu’un arbitre (leur dernière participation remonte à l’Euro 97).

 

Du point de vue de l’organisation, beaucoup de bonne volonté mais aussi d’amateurisme pour cet Europa 2003 qui reposait sur les épaules d’un tout petit groupe de bénévoles. Les terrains ont été équipés durant la journée d’entraînement qui par conséquent a ‘’sauté’’. Les tableaux de marques sont arrivés en milieu de tournoi de même que le dispositif de retransmission vidéo des rencontres. Les cérémonies d’ouverture et de remises des médailles ont été on ne peut plus improvisées et la soirée de clôture vite expédiée au bord de la piscine. Enfin, les résultats du tournoi n’ont pas été reportés sur le site Web officiel de la compétition ; cela provient certainement du fait que les feuilles de match n’étaient pas gérées sur ordinateur. C’est dommage, d’autant que la France avait proposé son aide pour l’organisation de la manifestation. Au plan de l’arbitrage c’est encore pire, puisque six nations seulement ont fourni des arbitres (France 6, Hollande 4, Italie 3, Angleterre 2, Belgique 1, Slovénie 1). Et en dehors des trois pays ‘’phares’’, le niveau des arbitres est très faible ce qui a notamment posé un problème pour l’arbitrage de la finale (1 italien et 1 anglais). Il est vrai qu’en dehors de la France et de la Hollande, aucun pays ne subventionne la participation des arbitres. Quant à leur formation…

 

Pas plus qu’à Belgrade, la réunion de la Commission hockey n’a évoqué la question des moyens à mettre en œuvre pour accélérer le développement du hockey en Europe. Le principal responsable, Dick TRAP, n’ayant pas beaucoup œuvré en ce sens il est vrai. Les seuls contacts en cours ont été établis par Ulysse MUNOZ avec la Finlande et la Suède, et par moi-même avec la Pologne. Le hockey aurait également pris pied de façon spontanée à Ceske Budejovice en République Tchèque. A noter également l’existence d’un deuxième foyer de hockey en Allemagne (Munich) grâce à un joueur de Marseille. On passera sous silence la querelle interne à la Commission concernant le Commissariat de la compétition finalement confié à Neil DIXON, Graham HENDERSON l’Australien formellement en charge ayant toutefois revendiqué longuement de venir (tous frais payés…) à San Marin. On est bien loin de l’esprit pionnier et désintéressé des débuts… Les élus présents (U MUNOZ, C ROSE, N DIXON et D TRAP) ont toutefois réussi à se mettre d’accord sur une ébauche de calendrier européen officiel (candidatures de la Hongrie et à défaut de l’Italie pour l’Euro 2005, de la Yougoslavie pour le Mondial 2006 et de l’Espagne pour l’Euro 2007). Pour 2007, Marseille pourrait également être sur les rangs.

 

Il convient de souligner enfin la couverture médiatique de la compétition, modeste, mais existante (une équipe de télévision au début du tournoi) ainsi que le caractère vivant des informations diffusées en ‘’temps réel’’ durant le championnat sur le site hockeysubaquatique.com par les membres de la délégation.

 

            10.5 Les "capes"

 

Voici le nombre de matchs joués par chaque membre de l'équipe (maximum 12 matchs) :

 

BARRO                                               Paul                                                                  9

HORVAIS                                 Loïc                                                                 10       

HORVAIS                                 Luc                                                                 12

HUGET                                    Grégory                                                           10

LAGABBE                                Arnaud                                                 12

LEGEAY                                              Nicolas                                                  7

LOILLIER                                  Loïc                                                                 12       

PEIGNE                                               Mathieu                                                           10

ROCHA                                               Anthony                                                             8

THAURUS                                Hervé                                                               10

de TREBONS               Thomas                                                           10       

WATELET                                Guillaume                                            10