Championnats de FRANCE
Le
Championnat de France D1 de hockey subaquatique s'est déroulé du 9
au 11 mai à Antibes.
Ce championnat de France revêt un caractère spécial car il se
déroule moins d'une semaine après le championnat du monde WAA à
Durban et le championnat d'Europe CMAS d'Istanbul. Ce qui fait qu'un
certain nombre de joueurs sortent à peine d'un tournoi pour en
entamer un autre. Ces aléas du calendrier sont tout de même
préjudiciables. Rappelons que le Hockey est encore un sport amateur
et que la plupart d'entre nous avons une activité professionnelle.
Difficile de récupérer durant les 3 jours qui ont séparé les deux
évènements.
Le cadre de la piscine d'Antibes est idyllique... Mais c'est son
seul point fort. Beau temps assuré (quoique pour le coup, il a fait
encore plus beau dans le nord), proche de la mer, une ville
touristique sympathique... Mais pour le hockey, les points forts
restent limités, comparés à des défauts qui n'existaient plus en
championnat de France depuis .... plus longtemps que je ne fais du
hockey subaquatique :
Au niveau du hockey lui-même :
- Un terrain dont les dimensions ne respectent pas la réglementation
de notre sport - la piscine n'était pas assez large ni assez longue
pour le hockey. Cela dit, il semble que le hockey ne soit pas le
seul sport qui ait eu ce genre de problème. Le Tir sur cible a été
boycotté par certains clubs pour ce défaut (ils se plaignaient de
jouer dans une fosse trop profonde)
- des petits carreaux sans joints qui donnent une piscine peu
glissante et très abrasive, les matchs ont été beaucoup moins
spectaculaires puisque se jouant surtout les murs et le manque de
glisse désavantagent les gestes techniques et la sortie de ce
dernier.
- les bords horizontaux (cotés des buts) inclinés, rendant quasiment
impossible les attaques aux angles des buts... les palets allant
souvent se loger derrières les but favorisant la défense, le
commissaire ayant décidé, en raison de sécurité, que les palets qui
montaient sur ces bords devaient être considérés comme sortis.
- Un bassin intérieur. Vu le temps et comparés à Evian l'an passé,
c'eut été pas mal de jouer en extérieur.
- le manque de possibilité d'échauffement. Jouer au hockey sans
s'échauffer, c'est comme boire un Ti-punch sans Rhum... ça pique
assez rapidement. Seule une pataugeoire nous a été accordée pour
nous échauffer. Difficile pour 4 équipes de s'échauffer dans un
bassin de 20 mètres carré et de moins d'un mètre de fond. Vive
l'échauffement à sec.
Sans compter :
- Le manque d'arbitres. Notre sport connaît ce problème de manière
désormais récurrente. Mais c'est à ma connaissance la première fois
que doit être prise la décision de ne mettre qu'un seul arbitre dans
l'eau lorsque les matchs ne sont pas considérés comme physiquement
éprouvants (encore une fois le rapprochement entre les deux
championnats n'a pas joué en notre faveur).
- Un planning délirant. On sent bien qu'il a été compliqué d'adapter
l'organisation des matchs sur les heures d'ouvertures de la piscine.
Deux mi-temps de 10 minutes au lieu de 15, mort subite directe en
cas d'égalité. Des matchs qui terminent tard et qui commencent tôt
(premier à 7H du matin dimanche matin). Un seul match le dernier
jour. Difficile pour les joueurs mais surtout les arbitres.
Par rapport aux autres fois :
- Aucune manifestation extérieure organisée : elle est loin la D1 de
Marseille ou les clubs ont pu passer une soirée au Prado pour
discuter autrement que sur le bord d'un bassin, partager, échanger
et rire autour d'un verre en "dépassant" le cadre strict des clubs
et du hockey. Le planning serré ne le permet pas.
Un gros point fort de la manifestation : la médiatisation.... TF1,
France 2 et 3 ont parlé de Hockey ce Week-end. Mais autour du
bassin, peu de spectateurs autres que les acteurs et pour le coup,
les matches n'étaient plus filmés à 100% (contrairement à Evian l'an
passé). Un spectateur de marque tout de même, Franck Esposito est
passé voir. A la radio, on a pu entendre que le bateau de Cousteau
était à la rade d'Antibes durant la manifestation.
Bref, s'il est temps que la CMAS se ressaisisse, il est temps que la
FFESSM le fasse aussi et se mette à considérer le hockey comme un
sport à part entière, avec ses nécessités et ses exigences.
Reste qu'au niveau du hockey en lui-même, bravo à tout le monde
d'avoir joué le jeu et d'avoir fait le maximum :
coté Masculin, tableau 1 :
- Pontoise est arrivé très en forme. Ils terminent champions de
France suite à un match de longue haleine face à leurs rivaux
trésifontains (cela fait plus de 5 ans que les deux équipes se
retrouvent en finale).
- Fontenay est venu avec quelques jeunes joueurs en plus de leur
élite et en remplacement de ses trois champions du monde
indisponibles. Leur performance (second) prouve que derrière les
joueurs expérimentés, les jeunes sont là et prêts à assurer la
continuité et la réussite du club.
- Cahors arrive troisième du championnat et confirme les pronostics
d'équipe en forme du moment. Le travail porte ses fruits et ils le
prouvent, même si l'aventure aurait pu être plus belle. Mais c'est
une équipe solide qui aura encore sa chance l'an prochain.
- Rennes prend la place de quatrième, surpassant HOPE mais devancés
par Cahors. Les Rennais ont payé cher leur quart de final en mort
subite face à l'équipe parisienne (50 minutes de match). Ils n'ont
pu faire face à Pontoise en demi et se sont inclinés face à Cahors
sur la petite finale. En raison de l'âge de leurs joueurs et de leur
homogénéité, le potentiel de cette équipe reste énorme. A quand la
concrétisation ?
- HOPE chute à la cinquième place du classement. L'équipe parisienne
paye de plus en plus cher son manque de joueurs entraînés en perdant
le quart de finale face à une équipe de Rennes déchaînée et
physiquement plus présente. Espérons que la récupération de leur
piscine permettra aux parisiens de redresser la barre et d'éviter de
faire comme leurs homologues du ballon rond.
- Lilles termine sixième mais peut s'estimer fière de son tournoi.
L'équipe est jeune et ils ont bien failli battre les Parisiens lors
des matchs de classement (ils ont été battus 3/2 en mort subite face
aux parisiens). Ils ont aussi une belle marge de progression.
- Moirans termine septième : Encore une révélation dans la division
1. Ce club concrétise le travail fourni sur ses jeunes depuis
quelques années déjà. C'est justice de les trouver à ce rang. Ils
ont même mis HOPE en danger en prenant l'avantage à la première
mi-temps de leur rencontre.
A noter le courage des équipes de
- Lagny : 4 joueurs seulement ont fait le déplacement. Avec
héroïsme, ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour tenir face aux
équipes complètes.
- Diderot : Le second club parisien a joué à compter du deuxième
jour avec 5 joueurs. Des problèmes de calendrier n'ont pas permis
de faire mieux.
Nantes a été forfait.
Coté féminin :
Les équipes filles qui bénéficiaient habituellement d'un coaching de
la part d'au moins un entraîneur n'ont pu l'avoir cette fois ci.
Déjà que la piscine n'était pas assez large pour le jeu, impossible
de s'y échauffer, il n'était pas question de permettre à des
spectateurs de suivre voire à un coach d'observer le match de sa
propre équipe !!! C'est sur, si le hockey gagnerait à être plus
connu, ce n'est pas à Antibes qu'il a gagné en popularité.
Trois équipes partaient favorites :
- Pontoise : Le club affiche un palmarès impressionnant de 16
victoires en championnat de France, et possède un grand vivier de
joueuses encore en équipe de France.
- Le Chesnay : Sous l'impulsion de leur coach, les filles de ce club
ont beaucoup progressé et l'équipe est composée de 5 joueuses
évoluant en équipe de France, ne sont pas manifestement remises de
leur championnat Le Chesnay n'aura été que l'ombre de lui-même face
à ces deux rivales.
- HOPE : régulièrement sur le podium, 4 d'anciennes joueuses équipe
de France qui revenaient de maternité, une championne du monde et
une autre joueuse du podium des mondiaux de Durban
- Asnières : Pas de chance pour cette équipe qui a perdu une de
leur joueuse en cours de tournoi pour blessure (doigt cassé),
occasionnant une défaite contre Moiran et qui les fait terminer
huitième (Elles étaient cinquièmes au premier tour). Elles restent
cependant ultra-motivées pour une revanche la saison prochaine.
- Moirans : le travail féminin est à l'image du travail masculin :
une équipe qui est arrivée par l'effort et aidée par un renfort
d'intersaison ex-champion du monde.
- Fontenay : Une seule joueuse équipe de France évolue dans cette
équipe, elles sont venues en faible nombre et seront obligées de
faire de la résistance au lieu de se battre pour les premières
places
Suite au round robin, Le Chesnay termine troisième, battues par HOPE
et Pontoise. Les joueuses, probablement fatiguées de leur mondial
auront droit à une seconde chance face à HOPE en demi-finale. HOPE
et Pontoise aux deux styles de jeu singulièrement différents n'ont
pu se départager durant le round robin, ce qui réserve le suspense
sur la tête de classement. En demi-finale, HOPE bat à nouveau les
filles du Chesnay qui terminent logiquement à la troisième place.
La finale a donc opposé HOPE à Pontoise, mais le suspense n'a pas
duré bien longtemps. Les filles de Pontoise ont imposé un rythme
physique trop élevé pour les Parisiennes. Prenant les axes directs
et toujours conquérantes sur la nage et le physique, elles alignent
2 buts en moins de 5 minutes. Les filles de HOPE tentent de se
ressaisir en début de deuxième mi-temps, mais le physique reste
insuffisant et finalement, Pontoise remporte son dix septième titre
assurant au club le doublé féminin/Masculin pour l'année 2008.
Isabelle La joueuse possédant le plus de tire Français dira en
sortant de la finale "C'est la finale la plus éprouvante de ma vie"
soulignant encore une fois la fatigue accumulé par les athlètes
suite à la répétition des événements.
A part ça :
Félicitations aux équipes de France, Masculines et Féminines qui ont
joué à Durban et Istanbul, même si les résultats n'ont pas toujours
été à la hauteur des espérances et du travail fourni. Spéciale
félicitation à Ptit tom, seul joueur Français à cumuler en deux
semaines un titre de champion du monde et un titre de champion de
France. Félicitation à Tom et Arnaud, doubles champions du monde et
Nicolas, Hervé, les deux Loic, Stéphane, Mathieu, Paul, Raphaël,
Antony, champions du monde 2008, ainsi qu'aux entraîneurs Jacques et
Luc qui savourent leur premier titre d'entraîneurs champion du Monde
après avoir été eux aussi champion du Monde en 1998.
Remerciement aux organisateurs et arbitres dont le travail est
physiquement de plus en plus éprouvant. A noter qu'aucune rixe entre
joueurs n'a eu lieu, aucun manque de respect aux arbitres n'a été
commis. Ils savent s'imposer mais restent en nombre insuffisants.
KFC
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