XIV ème CHAMPIONNAT DU MONDE DE HOCKEY SUBAQUATIQUE
Sheffield, du Vendredi 11 AOUT  jusqu'au samedi 26 aout 2006.

Équipes engagées :

   Australie, Canada, Colombie, France, Grande Bretagne, Italie, Irlande, Japon, Jersey, Hollande, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud (RSA), Espagne, Turquie, États Unis....

 

 

Sheffield 2006

De retour de Sheffield, je tiens à renouveler ici mes félicitations aux joueurs ainsi qu’à leurs encadrants pour les très bons résultats obtenus lors de ce XIVème Mondial de hockey : 4 médailles pour 4 formations inscrites, aucune autre nation n’a fait mieux. Je souhaite également vous donner mon commentaire à chaud sur les deux belles journées de finale que la délégation française a vécue au ‘’Ponds Forge International Sports Centre’’.

Les vétérans tout d’abord. Ignorés il y a quelques années (voire raillés), ils ont étonné tout le monde en arrachant le bronze dans les dernières secondes de la petite finale ‘’Masters’’ promise aux Anglais. Pour être honnête, la surprise était tout aussi grande pour nos représentants qui ne s’étaient fixé aucun objectif pour ce tournoi, d’autant que leur dernière participation au Mondial remontait à 1994. Cet excellent résultat a donné le tempo aux autres équipes françaises engagées dans les play-off, lesquelles étaient d’une certaine façon ‘’condamnées’’ à faire aussi bien. Les vétérans ont conquis à Sheffield une légitimité qu’il faudra confirmer à Durban en 2008, en rappelant que ‘’Masters’’ en anglais s’utilise indifféremment pour les hommes et les femmes.

Les ‘’moins de 19 ans’’ ensuite, tant il est vrai qu’il ne peut y avoir d’espoirs sans vétérans, les premiers étant généralement encadrés par les seconds en club. Ils sont montés sur le podium dès leur première participation aux championnats du Monde, à l’issue d’une petite finale qu’ils ont démarré ‘’avec du plomb dans les palmes’’ (la fébrilité lors des grands matchs étant une maladie congénitale des équipes françaises) ; engagement et cohésion entre lignes leur a toutefois permis de s’assurer le gain du match contre une équipe du Canada qui s’est surtout appuyée sur le talent des quelques joueurs ‘’de gros calibre’’ qu’elle possède. Il faudra viser plus haut à Durban, l’effectif de cadets dans les clubs français et l’expérience internationale de leurs aînés, devant permettre de disposer à nouveau d’un groupe compétitif dans deux ans. Là encore, Espoirs doit se conjuguer au féminin.

Nos féminines, en poursuivant dans l’ordre chronologique, qui sortaient d’une longue période de disette (médaille de Bronze en 1996 à Durban), ont arraché la décision dans les dernières minutes de la prolongation. Un match crispant et crispé de bout en bout, où la volonté de vaincre des Françaises a eu raison du jeu de récupération proposé par les Anglaises. Ils convient de souligner ici les qualités morales de cette équipe qui après un round robin ‘’compliqué’’ a su redresser le tir en play-off, livrant des matchs de haut niveau notamment contre les Canadiennes en demi-finale. C’est d’ailleurs un peu elles qui ont fait perdre le Canada en finale, les filles de la ‘’’Belle province’’ pensant avoir fait le plus dur contre la France en demi. Pour aller plus loin, il faudra élargir le groupe avec des joueuses dotées du même mental et prêtes à s’investir autant que les Québécoises (16 à 18H00 par semaine selon leur coach !) ou que le noyau dur des joueuses actuelles.


Les hommes enfin, qui décrochent le bronze grâce à une première mi-temps de très haut niveau contre l’Australie (4 à 0 à la pause), démontrant que leur place était probablement en finale. Les Français au comportement ‘’pro’’ mais non dénué d’humour (les ‘’bizuts’’ ont fait sensation lors de la cérémonie de remise des médailles) prolongent la série entamée à San Jose en 1998 (1 or, 1 argent, 3 bronze). Une telle continuité dans les résultats reflète le niveau des joueurs mais aussi une qualité dans les méthodes de travail qu’il faudra approfondir pour espérer jouer la grande-finale dans deux ans. C’est un challenge pour cette équipe qui va perdre quelques uns de ses piliers, les espoirs devant fortement hisser leur niveau de jeu au cours des deux ans qui viennent. C’est aussi un challenge parce que le hockey néo-zélandais possède un vivier très riche (champion du monde chez les jeunes), une efficacité dans le jeu remarquable et l’un des tout meilleurs coachs du groupe A. En bref, un challenge ‘’intéressant’’.

Pour finir, je souhaite associer Cara, Jean Marie, Nicolas et Alain à ce succès d’ensemble pour le soutien logistique au sens large qu’ils ont apporté avant et pendant le tournoi. Pour avoir vécu une époque ou les coachs jouaient également tous ces rôles (plus ou moins bien), ils ont incontestablement contribué à ce résultat en permettant aux entraîneurs de se concentrer sur le seul domaine sportif. Par ailleurs, Jean au sein du comité d’arbitrage, Yannick grâce au lien virtuel entretenu avec la France, Ulysse qui défend nos intérêts à la commission hockey et Laurent avec ses multiples casquettes dont celle du financier ont également accompli en coulisse un travail indispensable à la réussite immédiate ou à plus long terme de ce groupe. Sans oublier, Thierry et Bruno qui en rendant une copie correctement notée à l’épreuve d’arbitrage ont conforté l’image de sérieux que se forge progressivement le hockey français.

Pour conclure, le responsable des équipes de France que je suis, côtoyant le haut niveau international sans discontinuité depuis 1985, ne peut que mesurer avec satisfaction les progrès accomplis et la respectabilité acquise par la délégation française au niveau du jeu. L’ouverture au monde anglo-saxon, qui domine le hockey, et l’investissement personnel constamment accru des entraîneurs et des joueurs sont à la base de cette évolution. Faisons en sorte de poursuivre le mouvement, en n’oubliant jamais qu’il faut beaucoup plus de temps pour monter sur un podium que pour en descendre.



L Dumeaux,
le 29 août 2006.

 

 

 

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